Vin ancien, les Romains appelaient "Lambrusche" ou "Labrusche" les vignes sauvages qui grimpent spontanément sur les arbres des forêts apennines, dont on tirait un vin âpre et râpeux.
Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts, aujourd'hui ce vin représente l'Italie dans le monde, avec des chiffres vertigineux, un mousseux rouge au goût international, apprécié des jeunes.
Malheureusement, la qualité n'a pas toujours été l'un des piliers de la production de ce vin et nous nous sommes souvent retrouvés face à des bouteilles discutables, fruit de rendements élevés à la vigne vendues à des prix bradés et fermées avec des bouchons en plastique irrespectueux qui ne rendaient pas justice à ce cépage très ancien.
Le territoire d'élection est l'Emilia Romagna avec les D.O.C. des provinces de Modena, Reggio Emilia et Parma ; mais la Lombardia Mantovana revendique elle aussi une ancienne tradition dans la production de Lambrusco. C'est ici précisément que plongent leurs racines les cépages Ruberti, Salamino, Barzemino (Basmèn), Marani et Ancellotta. Terroir difficile que celui de la basse plaine du Pô, en équilibre précaire entre terre et eau, où l'acharnement du travail de l'homme a rendu ces lieux parfaits pour des productions de lambruschi de qualité.
À Rivarolo Mantovano, depuis 1999, Cantine Bresciani poursuit l'ancienne passion pour les cépages autochtones, cultivés de manière traditionnelle sur une superficie de sept hectares, sur des terres riches en minéraux façonnées par les travaux d'assèchement et arrachées au Pô et aux brumes du Mantovano.
Excellente la gamme de vins produits, dont certains multiprimés ! Rodomonte 58, Basmèn, Rodomonte rouge et rosé, tous I.G.P., jusqu'à un agréable Extrò Dry Spumante Rosè issu de Lambrusco Ruberti et Salamino.
À la vigne, Cantine Bresciani utilise des produits biologiques et homéopathiques biodégradables à faible impact environnemental, signe d'un respect pour la terre qui les récompense avec une excellente matière première, une concentration de Polyphénols, considérés comme des antioxydants naturels, et de Resvératrol, une molécule bénéfique pour les personnes à risque cardiovasculaire.
Vraiment excellents le Basmèn et le Rodomonte 58.
Le premier, le lambrusco que j'ai le plus apprécié, issu de raisins Barzemino, Maestri, Viadanese et Salamino, me semble le vin parfait pour sa typicité ; il représente au mieux le territoire, un vin pétillant demi-sec avec une bonne acidité, aux arômes nets de cassis, de fraises des bois et de rose que l'on retrouve en bouche, où l'effervescence calibrée voyage en équilibre avec une alcoolité modérée. Un léger résidu sucré qui, je pense, le fait apprécier d'un public jeune pour accompagner les charcuteries locales, le Culatello di Zibello en premier lieu, les fromages non affinés et les premiers plats peu élaborés.
Excellent également le Rodomonte 58 ; par rapport au Basmèn, je le trouve plus riche en fraîcheur et en bulles, avec de claires notes de violette et de géranium, plus séduisant que le premier mais pas moins attrayant pour autant.
Agréable le Rodomonte rouge où ressortent au nez des effluves de mûres, de cerise et de framboises.
Bien équilibré le Rodomonte rosé, excellent en apéritif et avec les brodetti di pesce.
Tous les Lambruschi de Cantine Bresciani refermentent en autoclave selon la méthode Charmat.
À accorder essentiellement avec les charcuteries dont le gras est atténué par l'effervescence et la fraîcheur que ces vins savent offrir.
Les étiquettes sont à améliorer ; elles ne parviennent pas toujours à transmettre l'indéniable qualité que Cantine Bresciani a mise dans ses produits.
Applaudissements pour le rapport Qualité/prix de ces vins, qui va de neuf euros TTC pour le Spumante Rosè à un peu moins de 3 euros 70 pour l'excellent Basmèn (prix en cave).
Prosit.





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