Tout comme j'ai été impliqué dans le lancement de l'essai "Gli eroi bevono vino", j'ai de même prêté main-forte à la présentation d'un autre livre, le roman "Il casale dei sogli perduti" de Lisetta Renzi. L'événement s'est tenu à Rome dans la librairie Tlon.
Le roman, situé principalement en Toscane (dans la Val d'Orcia, province de Sienne), raconte les aventures d'une jeune femme italo-anglaise, Isabel, anglaise de naissance mais italienne du côté de son père. Isabel, profondément attachée à la terre paternelle, riche d'histoire et de culture mais aussi généreuse pour les vins qui y sont produits, hérite de sa grand-tante Ada du casale en Val d'Orcia où elle a passé les étés de son enfance et de sa jeunesse. La chère tante Ada lui a fait découvrir l'esthétique et l'architecture, en plus de lui avoir transmis les valeurs de la beauté et de la liberté dans la poursuite de ses propres passions.
Cela dit, à trente ans Isabel mène une existence très différente de celle qu'elle avait rêvée enfant : elle travaille comme contrôleur dans une prestigieuse banque d'affaires anglaise, entretient une relation sentimentale avec un manager à succès et vit dans un luxueux loft à Londres, rationnel et particulièrement ordonné comme l'est d'ailleurs toute sa vie. Cependant, lorsque sa grand-tante décède, Isabel est obligée de faire face à un passé douloureux qui a lourdement conditionné tous ses choix. De retour dans la vieille demeure où elle avait passé ses étés toscans, chaque pièce, chaque objet, chaque parfum la remet en contact avec la partie la plus authentique d'elle-même, l'incitant à retrouver ses vieux rêves et le vrai bonheur qu'elle croyait désormais perdus pour toujours.
Et puis il y a le vin produit dans le vignoble de la tante Ada, à base de Sangiovese, autre protagoniste du récit. Un vin qui contribue finalement à réconcilier Isabel avec elle-même et à l'unir définitivement à sa terre d'origine. Le vin du roman est le Falco di Torrelupo, Sangiovese en pureté produit dans la terre des grands Brunello di Montalcino ou Chianti Classico, célèbres dans le monde entier. Et la présentation du livre ne pouvait que se conclure par la dégustation d'un Chianti Classico. Nous avons choisi celui du domaine viticole Castellare in Castellina.
Le livre raconte la Val d'Orcia et Montalcino. Castellina in Chianti, où se trouve le domaine Castellare, se situe toujours dans la province de Sienne à une soixantaine de kilomètres au nord par rapport à l'endroit où se déroule l'histoire du roman. Le Chianti Classico ne peut être produit que dans des vignes dédiées dans seulement 9 communes des provinces de Sienne et Florence, et constitue une zone viticole bien plus restreinte que le Chianti, dont le vignoble s'étend sur cinq provinces toscanes.
Castellare di Castellina appartient à Paolo Panerai, l'éditeur économico-financier très connu qui a investi dans le Chianti Classico dans les années 70 du siècle dernier et a contribué dans ce territoire à la renaissance du vin italien en alliant tradition et innovation. La tradition dans le soin des vignes et des terroirs, en misant sur les parcelles les plus difficiles mais en même temps les plus propices à la culture de la vigne, choisissant entre autres de produire le Chianti Classico uniquement avec des cépages autochtones toscans. L'innovation a été poursuivie en premier lieu par la création du premier vignoble expérimental du Chianti en collaboration avec l'Université de Milan, dirigée par le Professeur Attilio Scienza, et avec l'Université de Florence, pour réaliser la première sélection scientifique des clones du Sangiovese. Une autre nouveauté a été l'introduction de l'usage de la barrique.
Ce Chianti Classico, millésime 2017, est élaboré à 90% avec des raisins Sangiovese complétés par du Canaiolo, autre cépage autochtone toscan. Le vignoble se situe à 350-400 m d'altitude sur sol calcaire, conduit en guyot, avec une densité de plantation de 3500 pieds par hectare. Les vendanges sont effectuées en octobre et le rendement par hectare est de 60 quintaux. En cave, la vinification est réalisée dans des cuves en acier thermorégulées où se déroule également la fermentation malolactique. Après le décuvage, le vin affine en bois – barrique et fûts de 5 hectolitres – pendant sept mois, et après la mise en bouteille il séjourne encore sept mois en bouteille avant d'être mis en commerce.

Vin de couleur rubis soutenu, signe évident de jeunesse. Avec le temps la couleur évoluera lentement vers les tonalités plus chaudes du grenat. En faisant tourner le verre se forment des jambes serrées et épaisses sur ses parois avec des larmes qui descendent lentement, indice que le vin est structuré et alcooleux. Au nez nous percevons immédiatement un parfum floral de violette, puis fruité : fruits rouges frais, cerise, mûre, fruits des bois, des arômes qui soulignent la jeunesse du vin. Dans peu de temps nous percevrons davantage les notes de confiture de ces fruits rouges. Après les fruités émergent les arômes épicés comme la cannelle, la vanille, puis une note torréfiée de café, cuir, et réglisse en finale. En bouche le vin est sec et chaleureux ; nous éprouvons une certaine rugosité, signe d'un grand tannin que seul le temps rendra soyeux. Belle la fraîcheur qui nous fait saliver. La finale est longue sur des notes balsamiques et de réglisse, grande cohérence entre le nez et la bouche.
Chianti Classico de la tradition, parfait avec les rôtis mais aussi polyvalent, à essayer sur les premiers plats avec des sauces et tout au long du repas.





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